Interview de Stephen Collins sur USA WEEKEND
Stephen Collins et l'équipe de "7 à la maison" terminent en ce moment la cinquième saison de la série télévisée américaine à succès qui parle d'un pasteur, de sa femme et de ses sept enfants. Patty Rhule d'USA WEEKEND parle avec lui de ses projets et de comment il lutte pour être aussi parfait qu'Eric.
Q: Etes vous aussi parfait qu'Eric ?
Collins :Non, je pense que personne ne peut égaler Eric. J'ai fait beaucoup plus d'erreurs que lui dans ma vie. Il n'est pas parfait. Une partie de la qualité de la série réside dans le fait qu'Eric n'est pas parfait, mais on peut toujours compter sur lui pour faire les bonnes choses aux bons moments. C'est la raison pour laquelle il inspire les fans et qu'il m'inspire moi-même. Dans ma vie, j'ai fait beaucoup plus d'erreurs et j'ai été beaucoup plus égoïste et plus offensant.
Q: Avez vous des enfants ?
Collins : J'en ai juste un, une fille de 11 ans. Quand j'ai été pour la première fois sur le tournage de la série, j'ai dit à ma femme "je ne sais pas ce que je suis en train de faire". Je n'avais jamais entendu parler de cette série avant d'y être engagé. Ma femme m'a dit "tu joues le rôle de ton frère Mike (qui a 6 enfants)". Mon frère Mike est vraiment un bon père, sûrement l'un des meilleurs que je connaisse. C'est aussi quelqu'un qui sait garder le sens de l'humour dans sa famille. Une des raisons pour laquelle le public aime Eric est qu'il a cette chose qu'Hemingway définissait comme de la grâce et du courage sous la pression.
Q: Comment le fait que vous jouez un super personnage affecte votre vie de tous les jours ?
Collins :
Il faut déjà intégrer le personnage. Lorsque les choses ne vont pas à la maison,
lorsque les personnes sont énervées, je me rappelle toujours qu'il me faut avoir le sens
de l'humour..
Il y a quelque chose dans ce personnage qui fait que les gens l'aime. C'est un des plus
grands cadeaux que l'on puisse me faire, les gens sont vraiment touchés par les
personnages. Il y a des mesures qui empêchent les gens de me parler trop. Par exemple, je
suis dans un avion, une personne s'agenouille devant moi et me dit "je ne voudrais
pas vous déranger mais je voudrais que vous sachiez combien ma famille aime la
série". Ces sortes de choses m'arrivent tout le temps. En un sens, c'est ce qui me
fait continuer. Quand la série aborde des thèmes qui touchent le public, pour moi, c'est
un cadeau. Je suis à un moment de ma vie où la série me correspond vraiment bien.
Comment faire un métier de "dingue" et être parent ? Comment vous quelqu'un de
bien, comment réparer vos erreurs ? Je ne pense pas que la série m'aurait convenue 10
ans plus tôt. Ca continue d'être un merveilleux miracle. Avec Catherine (Hicks) nous
sommes les deux seuls pratiquants que je connaisse. Le pasteur de l'église à laquelle je
vais est quelqu'un que je vois tous les dimanches et qui me donne des conseils, c'est
quelqu'un dont j'ai besoin. Je l'ai interviewé en lui demandant à quoi ressemblait un
jour dans sa vie. Il est devenu un très bon ami.
Q: Dans quelle église allez vous ?
Collins : Je vais à St. Matthews à Palissade Pacifique, dans une église épiscopale.
Q: Donc ce rôle a fait de vous quelqu'un de bien ?
Collins : La série m'a donné un but, un objectif à atteindre. Lorsque je suis dans un aéroport, en retard ou en colère, je me contrôle moi-même, car une part de moi est comme Eric Camdem. Nous avons tous besoin d'autant d'aide que l'on peut en avoir. C'est une imitation pour moi d'être Eric, je suis très en-dessous de lui.
Q: Vous retrouvez vous en jouant le père des jeunes membres de l'équipe, par exemple, diriez vous à Jessica Biel qu'elle n'aurait pas du posé pour le magasine Gear ?
Collins : Lorsque vous mettez un groupe d'acteurs qui s'entendent bien ensemble, et nous l'avons fait depuis le premier jour, ils ne deviennent pas pas comme leurs personnages. Ce qui à tendance à arriver, c'est qu'ils "oublient" leur âge et qu'ils demandent des conseils à n'importe quel membre de l'équipe en tant qu'amis. Nous sommes comme des frères et soeurs. Je ne peux pas jouer les pères avec eux, car si je le faisait, je ne m'amuserais plus en travaillant avec eux, je serais toujours là à leur faire la morale. La bonne nouvelle c'est qu'ils ont tous des parents. Pour les jumeaux, leurs parents doivent être sur le plateau à cause de la loi. Ce n'est pas comme si Jessica venait vers l'un d'entre nous et lui demandait si c'était bien ce qu'elle a fait. Nous en avons parlé après qu'elle l'ai fait. Jessie a été la première à reconnaître qu'elle avait fait une grosse erreur. Elle a été manipulée, on lui a menti aussi. Elle a bien compris. Je lui ai dit qu'elle n'était pas la première jolie actrice à s'être laissée avoir. Beaucoup de gens sont passés par là et ont survécu. Il n'y a pas eu de scandale sur le plateau. En fait, il n'y avait pas beaucoup de gens qui avaient vu le magasine. Tout le monde savait ce qu'il s'était passé, ça n'a absolument rien changé.
Q: Vous venez de finir la cinquième saison et vous avez tourné le 100ème épisode, jusqu'où la série va t'elle aller ?
Collins :
C'est assez dur à dire. Tout ce que je sais c'est que nous serons là l'année prochaine.
J'ai signé pour trois saisons de plus. Est ce que je vais continuer longtemps ? Du moment
que la créatrice de la série reste, je reste. Nous sommes la série télé la plus
regardée depuis au moins trois ans. Nous avons gardé le secret sur le succès de la
série dans le show business. Je pense que la question est combien de temps les enfants
suivront ils encore la série ? Brenda (Hampton) a une imagination incroyable. Elle a fait
quelque chose cette année et je pensais que ça ne marcherait pas. Jessie Biel est
retournée à l'université dans l'est pour de vrai. Elle a écrit un scénario très dur.
Je pensais que ça ferait baisser l'audience. Ca n'est pas arrivé.
Notre taux d'audience cette année est plus forte que l'année précédente. Avec ce
scénario, l'audience à "explosé" le mur. Elle a apporté un nouveau
personnage à la maison et ça a très bien marché. Je n'en dirai jamais assez sur son
habilité à diriger la série et à innover. Je la compare à Frank Capra. Elle sait
comment prendre des gens biens et leur écrire des histoires intéressantes et
attachantes. Il y a des gens qui se battent contre la vie mais qui font des choses biens.
Nous avons des tonnes de problèmes, de graves problèmes, mais grâce aux gens décents
on s'en sort. Je suis touché de voir combien les gens ont besoin de ça.
Q: Est ce que votre emploi du temps vous laisse du temps pour faire autre chose ?
Collins : Nous tournons 9 mois par an. Dans les quatre mois de vacances que nous avons, j'ai fait trois films, une excursion pour mon livre, j'ai joué un rôle au théâtre à Williamstown. Il n'y a pas beaucoup de temps pour faire plus que ça. Je ne veux pas travailler tout le temps.
Q: Comment réagit votre fille avec le succès de la série ?
Collins : Elle a 11 ans... Il y a des moments où nous sommes en public et qu'elle me montre plus d'attention que d'habitude... elle adore la série. Ma fille ne regarde pas la série juste parce que je joue dedans ou que sa mère (Faye Grant) joue dans un film. Elle m'aide à garder les pieds sur terre. Quand je vais quelque part avec elle et ses amis, on voit tout de suite que je suis son père, vous savez elle est comme tous les jeunes, elle a un peu honte que son père l'accompagne bien que je sois connu.
Q: Vous avez écrit deux romans et vous en préparez un autre, comment ça se passe ?
Collins : J'en ai commencé un il y a 3 ans et je fais des excursions pour mon petit dernier. J'ai écrit les deux premiers alors que je ne faisaisrien en tant qu'acteur. J'avais des doutes qu'en au fait de les finir et c'est là que "7 à la maison" a commencé. Ecrire un livre est un emploi à plein temps. Si vous êtes absent pendant quelques jours, vous devez tout recommencez.
Q: Y a t'il du suspens dans le dernier épisode de la cinquième saison ?
Collins : Nous faisons toujours un épisode en deux parties. Donc il y a forcément du suspens entre les deux, je peux vous dire que le suspens tourne généralement autour de deux des filles.
Q: Avez vous des projets pour le futur ?
Collins : Ma famille et moi partons toujours à Hawaii pour les vacances de Pâques. Après ça, je ne sais pas. Je vais faire "Hollywood Squares" pour la première fois. Je ne peux pas croire que je fais "Hollywood Squares"! Je connais Whoopi Goldberg depuis des années. J'ai passé 26 ans dans le métier sans jamais savoir ce que j'allais faire d'un mois à l'autre J'aime ça. A Hawaii, nous allons dans cet endroit merveilleux. Ma femme et moi allons directement du petit déjeuner à une chaise sur la plage où nous lisons toute la journée. Ma fille va de la mer à la piscine et rencontre des amis, qui sont en permanence sur l'île. Je prends quatre ou cinq livres. Je lis plus cette semaine là que je ne lis pendant un an. Il n'y a pas de téléphone, pas de télé dans les chambres, la vie s'écoule doucement.
Q: Quelles sont vos lectures ?
Collins : La semaine dernière, deux personnes m'ont recommandé "The Power of Now" [par Eckhart Tolle]. Il y a un fabuleux livre que j'ai lu. J'ai été à Amherst, l'auteur est un professeur qui y habite, William Pritchard, "English Papers: A Teaching Life." C'est une sorte d'autobiographie de sa vie académique, à quoi sa vie ressemblait et les choses dont ils parlent à l'Assemblée. C'est la plus civile des vies.